Psychologue : comment se sentir légitime?

Le sentiment d’être illégitime chez les psychologues

Nombreux sont les psychologues qui doutent de leur compétence et de leur légitimité vis-à-vis des patients ou de leurs collègues. « Suis-je à la hauteur ? », « Qui suis-je pour dire quelque chose à ce patient ? », « Comment me positionner dans cette équipe en tant que psychologue ? » : Ces questions, souvent particulièrement aigues en début de carrière, renvoient à la question de l’identité du psychologue.

Question essentielle, l’identité professionnelle des psychologues a été abordée lors de deux enquêtes menées par Dana Castro dans le journal des psychologues, que je vous invite à consulter. Bien qu’intéressantes, ces enquêtes restent néanmoins limitées par leur méthode et m’ont semblé rester un peu en surface du problème, laissant penser que les psychologues ne seraient simplement « pas assez » ou « pas correctement » formés pour se sentir pleinement à l’aise dans leur fonction.

Je pense que les choses sont à la fois plus complexes et plus difficiles à résoudre. Il me semble que les difficultés identitaires de nombre de jeunes psychologues sont liées à la nature de notre discipline elle-même, à son histoire, à son économie et à l’organisation de la profession. Ce ne serait donc pas certains psychologues qui auraient du mal à endosser le costume du psy, mais la profession elle-même qui serait mise à mal par des tensions internes essentielles. C’est du moins ce que je vais tenter de montrer dans cet article.

Comme toujours, n’hésitez pas à témoigner de votre propre regard sur cette question, l’idée étant d’abord d’ouvrir le débat sur ce que c’est que d’être un psy.

Identité professionnelle et psychologues

L’identité professionnelle : qu’est-ce que c’est ?

Pour commencer, nous pouvons partir de la définition de l’identité professionnelle  que donnent Haverkamp, Robertson, Cairns, & Bedi dans un ouvrage de 2011 :

L’identité professionnelle est un « construit multi-facettes qui implique l’acquisition de connaissances, d’habiletés et d’attitudes spécifiques, l’internalisation des valeurs et de la philosophie de la discipline, l’adoption du code d’éthique, l’adoption d’un style interpersonnel professionnel et le sentiment de fierté dans la profession ».

Cette définition est assez dense et synthétique. Elle souligne bien que l’identité professionnelle est une construction (ce n’est pas quelque chose d’innée ou qui s’obtiendrait magiquement avec l’obtention du diplôme). Elle naît de l’agglomération de plusieurs caractéristiques qui vont permettre de forger cette identité qui permet se sentir pleinement légitime dans son travail.

Comme on va le voir, il n’y a pas besoin de questionner le rapport personnel de tel ou tel psychologue pour trouver des causes à ses doutes ou ses questionnements professionnels. La simple étude de cette définition suffit à montrer que les embûches qui vont se dresser sur le chemin de tous les aspirants psychologues sont liées au fonctionnement de notre profession et sont plus nombreuses que pour d’autres métiers.

Identité du psychologue : une construction laborieuse

Si l’on reprend les différents points de la définition de manière un peu scolaire, on va pouvoir constater que la plupart des caractéristiques qui permettent de se forger une identité professionnelle vont avoir du mal à se mettre en place chez les psychologues.

Prenons donc les différents éléments de la définition un par un :

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L’acquisition de connaissances

Pour se sentir psychologue, il faut acquérir des connaissances psychologiques. C’est une lapalissade, mais c’est également le début des problèmes.

En effet, le champ des savoirs psys est morcelé et objet de conflits. Les théories sont nombreuses et s’opposent en de nombreux points. Ainsi, chaque psychologue est rapidement sommé de se positionner au sein de ce débat : Doit-il penser ses patients et l’Homme en général comme un freudien, un kleinien, un lacanien, un neuropsychologue, un phénoménologue, un comportementaliste, un cognitiviste (ce qui n’est déjà pas tout à fait la même chose), etc. ?

Comme en philosophie, il existe de nombreuses théories, de nombreuses manières de regarder le fonctionnement psychique humain et ses troubles. Cette diversité pourrait ne pas être problématique. Il ne semblerait d’ailleurs pas très constructif d’écraser cette variété et cette richesse théorique pour que ne subsiste qu’une seule école (la Vraie). La question n’est pas, semble-t-il, la multiplicité des théories, mais leur manière de (ne pas) dialoguer.

La plupart du temps, à l’université ou dans le monde du travail, les théories psychologiques ne sont pas tissées ensemble, même de manière conflictuelle, comme dans la dissertation philosophique, par exemple, mais posées les unes à côté des autres. De plus, elles renvoient à des appartenances conflictuelles : si on est kleinien, on n’est pas lacanien, si on est cognitiviste, on n’est pas psychodynamicien, etc.

Résultat : face à ce champ théorique conflictuel, les jeunes (et moins jeunes) psychologues risquent de douter, de se perdre entre des théories (et des théoriciens) qui s’opposent et se font face. Nous n’apprenons pas « la psychologie » mais des théories psychologiques qui, chacunes, critiquent les autres. Difficile dans ces conditions d’être sûr de son savoir (surtout si l’on n’est pas sûr d’avoir tout compris).

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Les habiletés professionnelles

Deuxième élément de l’identité professionnelle : « les habiletés ». Elles désignent l’acquisition de « savoir-faire » professionnels. Si vous êtes électricien vous savez installer un circuit électrique, si vous êtes médecin, vous savez diagnostiquer la grippe, si vous êtes philosophe, vous savez faire une dissertation. Ces savoir-faire s’appuient sur des compétences assez facilement identifiables et souvent protocolisables (au moins en partie).

Mais si vous êtes psychologue ? L’entretien clinique et plus encore la psychothérapie ne sont pas protocolisables. Il n’existe pas un manuel de la thérapie en douze étapes qui fonctionnerait à chaque fois. On ne sait d’ailleurs toujours pas très bien ce qui fonctionne dans les thérapies malgré de très nombreuses études sur le sujet. Comme le montre le toujours actuel « Dod Bird’s Verdict », on sait que cela fonctionne mais on ne comprend pas très bien comment (voir mon article à ce sujet). C’est que la pratique de l’entretien clinique ou de la thérapie relèvent plus de « savoir-être » que de « savoir-faire », pour reprendre le vocabulaire des travailleurs sociaux. Le champ des connaissances cliniques est plus empirique voire existentielle que théorique ou livresque (bien que chaque école se révèle le plus souvent d’une science : théorie des systèmes, neurologie, linguistique, etc.).

Dernier point, il existe un écart très important entre ce que les psys font et ce qu’ils disent qu’ils font : entre le discours sur la pratique et la réalité de la pratique. Nombreux sont les jeunes professionnels qui découvrent rapidement que les choses ne se passent pas du tout comme elles étaient décrites dans les cours et ne retrouvent pas, dans leur pratique, ce qu’ils avaient lu dans les livres lorsqu’ils étaient étudiants.

Evanescentes, non protocolisables, difficiles à nommer, les « habiletés » professionnelles du psychologue sont, là  encore, bien plus difficiles à acquérir que pour d’autres professions. Elles n’offrent pas un socle permettant de contrebalancer les doutes inhérents à l’entrée dans le monde du travail.

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Internalisation des valeurs et de la philosophie de la discipline

Premier point sur lequel on peut s’appuyer de manière à peu près stable, les valeurs et la philosophie de la psychologie sont (un peu) moins conflictuelles. On peut ainsi définir quelques traits communs à toutes les écoles et à tous les psys ou presque : neutralité, bienveillance, normes éthiques.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le code de déontologie des psychologues joue un tel rôle dans notre identité professionnelle : même s’il est attaqué de l’extérieur, il fait à peu près consensus en interne et peut servir de jalon identitaire.

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Adoption d’un style interpersonnel, fierté dans la profession

Là encore, on retrouve ici quelque chose d’une identité psy non morcelée. On sait à quoi est supposé ressembler un psychologue. Son rapport à la communication est assez spécifique : un peu distant, répondant peu, évitant d’aborder sa vie privée avec les patients, le psychologue a un certain rapport à l’autre.

De même, la représentation sociale du psychologue est plutôt bonne : bien identifié, représenté dans les séries et les fictions, l’habit du psychologue peut être plutôt agréable à porter (plus que celui du vendeur d’arme, par exemple). De manière plus générale, nombre de psychologues sont fiers de leur métier.

Mais le risque est alors de « jouer au psy » de se fondre dans le costume du psy en s’appuyant sur ce qui fonctionne sans que le reste de l’identité professionnelle ne soit pleinement constituée.

Psychologues : une identité qui manque de support

Comme on le voit, des pans entiers de l’identité professionnelle des psychologues sont difficiles à construire pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la personnalité des jeunes professionnels mais plutôt avec ce qu’est la psychologie et avec la manière dont se construisent et dialoguent ses principales théories.

Les théories, les compétences sont floues et dépendent de théorie en conflit. Reste alors les valeurs, les représentations, les codes langagiers et interpersonnels. Le risque est alors d’endosser l’habit de psychologue comme une coquille externe, à la manière dont Sartre décrit la mauvaise foi du garçon de café.

La place des autres dans l’identité professionnelle

On le voit, il n’est pas facile pour le jeune psychologue de construire son identité de psychologue. Il a alors tout intérêt à s’appuyer sur l’image du psychologue. Mais, là encore, les choses ne sont pas simples. En effet, même s’il souhaite s’appuyer sur une image externe et sur ce que les autres lui renvoient, le jeune psychologue n’est pas encore au bout de ses peines.

Identité pour soi et identité pour autrui

Si on rentre un peu plus dans les détails, on peut distinguer deux dimensions de l’identité professionnelle : celle pour soi-même et celle pour les autres. Comme l’expliquent Fray et Picouleau :

« L’identité [professionnelle] est à la fois identité pour soi et identité pour autrui. Identité pour soi car elle renvoie dans un premier temps à l’image que l’on se construit de soi-même. Identité pour autrui car l’identité est aussi l’image que nous souhaitons renvoyer aux autres. Enfin, l’identité se construit à travers l’image que les autres nous renvoient. L’identité est donc issue d’un processus de construction. Elle est le fruit de l’interaction de ces trois paramètres. »

« Le diagnostic de l’identité professionnelle : une dimension essentielle pour la qualité au travail », Management & Avenir, 2010/8 (n° 38)

Comme on va le voir, ces pôles internes et externes de l’être-psychologue sont plus difficiles à mettre en place que pour d’autres professions.

L’identité pour soi

« L’image que l’on se construit pour soi-même » est particulièrement chargée pour les psychologues.

En effet, l’identité pour soi renvoie, plus que dans d’autres professions, à l’identité personnelle et à des éléments de l’histoire intime. Dans de nombreux cas, l’envie de devenir psychologue renvoie à un besoin de réparer des éléments douloureux de sa propre histoire (comme le dit notamment Alice Miller dans Le Drame de l’enfant doué). Cette intrication des dimensions intimes et professionnelles et d’autant plus marquée, que l’on travaille avec soi. Nous sommes, en effet, au moins en partie, notre propre outil de travail.

Si cette identité pour soi, tissant l’intime et le professionnel est particulièrement complexe, il s’agit d’une question plutôt bien identifiée et travaillée que ce soit dans les études ou dans le monde du travail.

C’est déjà ça, et ce n’est pas le cas malheureusement de l’autre facette de la question : l’identité pour autrui.

L’identité pour autrui : comment les autres nous voient-ils ?

Afin de se sentir psy, il est essentiel de s’appuyer sur l’image que les autres nous renvoient. Le problème c’est que cette image est plus un kaléidoscope qu’un photo-portrait et qu’elle varie grandement en fonction des regards.

Sans rentrer dans tous les détails, on peut décrire trois grandes dimensions de ce regard : celui des autres professionnels, de l’institution et des patients.

Image du psychologue renvoyée par les patients

Très étudiée, l’image que les patients nous renvoient n’en reste pas moins très déstabilisante et soumise à des mouvements affectifs intenses et déroutants. L’image du psy pour le patient est marquée par tous les mouvements projectifs identifiés notamment par la psychanalyse : projections, idéalisations-désidéalisations, attaques envieuses…

Le psychologue (en particulier en place de thérapeute) est tour-à-tour le père tout puissant, la mère castratrice ou réparatrice, l’enfant abandonné, un fragment de la psyché du patient, un objet… Difficile, à la fin de journée, de savoir qui l’on est et comment on s’appelle, en particulier si le nombre de séances par jours et l’absence de temps de reprise et d’élaboration ne permettent pas de penser ces questions.

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Le psychologue et les autres professionnels

La question de l’image du psychologue à l’intérieur de la profession est une question si vaste qu’elle mériterait un article à part entière.

La profession se caractérise par sa fragmentation et par ce que j’appellerai un état de double concurrence : concurrence pour les postes entre les psychologues du fait du chômage ou des temps partiels très nombreux et concurrence entre des écoles et des théories cherchant un ascendant symbolique.

Cette concurrence systémique a des conséquences sur les représentations qui circulent au sein de la profession. Le jeune collègue, le psychologue récemment arrivé au sein de l’équipe ou le collègue au chômage peuvent être perçus comme des concurrents. C’est d’ailleurs le cas d’un strict point de vue économique, sachant qu’il n’y a pas de place et de travail pour tout le monde…

De la même façon, les théories et les écoles étant en concurrence, chacune cherche à asseoir sa domination symbolique – ou plus simplement à exister – en critiquant les autres de manière plus ou moins subtile, en marquant sa différence, sa spécificité voire sa supériorité.

Il ne s’agit pas, bien sûr, de dresser un tableau trop noir de la situation. L’entraide, le soutien ou le compagnonnage occupent une place essentielle dans la profession. Mais ces mouvements d’entraides sont contrebalancés par cette double concurrence qui occupe d’autant plus de place qu’elle et déniée ou refoulée.

Ainsi, dans de nombreuses situations professionnelles, le jeune psychologue peut se retrouver entravé dans la construction identitaire professionnelle du fait même de ses collègues psychologues.

Les effets communicationnels de cette compétitions ont ainsi été décrits par les systémiciens de l’école de Milan à propos des messages paradoxaux dans le monde du travail le travail :

« Combien de professionnels débutants ne vivent-ils pas cette situation, recevant à la fois le message « prends ta place » et l’injonction de « fais comme le précédent », ou « agis comme moi, j’entends que tu dois prendre ta place ».

La révolte est parfois bien utile pour s’affirmer et pour sortir de ce paradoxe. Si elle comporte certains risques, elle permet au jeune professionnel de s’affirmer et aux autres de sentir la consistance de la personne.

Au fil du temps, ce professionnel débutant découvrira que sa timidité ou son imprécision dans la définition de la relation ont sérieusement contribué à l’enfermer dans cette situation critique. Pour sortir d’une situation paradoxale, la personne n’a à notre avis pas beaucoup de solutions à sa disposition : soit elle se fâche, soit elle quitte le champ relationnel. À moins qu’elle ne parvienne à métacommuniquer sur le phénomène. C’est souvent quand quelqu’un pense qu’il n’a plus rien à perdre qu’il devient le plus efficace pour oser se situer. »

Meynckens-Fourez, M. & Henriquet-Duhamel, M. (2007). 5 De la connotation positive systémique à la souffrance liée à la « méconnaissance de la réalité » : Mara Selvini-Palazzoli et l’école de Milan. In : Dans le dédale des thérapies familiales: Un manuel systémique (pp. 83-109).

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Le psychologue et l’organisation administrative du travail

Pierre angulaire des difficultés professionnelles des psychologues depuis une vingtaine d’années, la non-reconnaissance du sens du travail du psychologue par la dimension administrative des institutions fragilise profondément la construction de l’identité professionnelle des psychologues, jeunes ou moins jeunes.

En effet, comme l’a notamment montré Max Weber, les logiques gestionnaires sont en opposition quasi complète avec celles qui prévalent dans les thérapies. Comme l’explique le sociologue Stephen Kalberg, « De toutes les configurations organisationnelles possibles, c’est l’idéal type de la bureaucratie de Weber qui met le plus l’accent sur le contrôle des émotions : une gestion par des règles impersonnelles, contraignant les agents à agir « sans considération de la personne » et donc « sans haine ni passion » afin de toujours présenter toutes les apparences de la neutralité et de l’objectivité » (Stephen Kalberg, « La sociologie des émotions de Max Weber », Mauss 2012/2, p.286).

A l’inverse, dans la thérapie, la parole est l’expression d’une subjectivité. La recherche de l’authenticité, la révélation des conflits conscients ou inconscients occupent une place centrale.

Il n’est donc pas étonnant que, dans de nombreuses institutions, les conflits entre les psychologues et les autorités en charge de la gestion (directeur administratif, services RH, ARS) soient aussi violents.
Ces conflits sont exacerbés par une série de réformes qui cherchent depuis une vingtaine d’années à réorganiser les institutions de soin, à diminuer les coûts (et donc souvent la rémunération des psychologues) et à soumettre les professionnels à un contrôle plus important.

Ils renvoient, enfin, au-delà des questions budgétaires, à un conflit très vifs pour le pouvoir symbolique entre les professionnels du soin (notamment les médecins) et les administratifs dans les hôpitaux psychiatriques, les cmp, les cmpp, etc.

Cette situation de crise et les intérêts antagonistes de ces corps de métiers ont des effets importants sur la reconnaissance du travail des psychologues dans de nombreuses institutions.

Les responsables administratifs ayant pour objectif de diminuer les coûts et d’asseoir une autorité critiquée vont avoir tendance à ne pas reconnaître l’importance du travail psychologique : On parlera des actes plus de la clinique dans les réunions, on décrira la présence de temps FIR comme un privilège inutile, on mettra l’accent sur la productivité et non sur la qualité des soins, etc.

Ainsi, nombre de jeunes professionnels, peu au fait de ces enjeux institutionnels, risquent de prendre un certain nombre de remarques personnellement. Par exemple, l’ambiance passive-agressive qui résulte de conflits larvés dans une équipe risque d’être vécue comme le signe d’une incompétence personnelle, d’un vide de sens professionnel ou faire douter de l’utilité de ses outils professionnels.

Pour en savoir plus sur la crise dans les institutions de soin vous pouvez consulter ces articles:

Conclusion : Se protéger du doute

Pour conclure, le doute et la difficulté à construire son identité professionnelle sont souvent décrits comme des problèmes internes liés à la formation ou à la personnalité des jeunes psychologues.

Pourtant, comme on l’a vu dans cet article, les difficultés qui entravent cette construction sont bien plus générales et liées à des facteurs externes :

-Théorique : La définition des compétences et des habiletés des psychologues sont floues et contradictoires, difficiles à définir. Les écoles sont en compétition entre elles

-Économique : Le chômage et la concurrence au sein de la profession entraînent parfois des mouvements ambivalents ou castrateurs entre les professionnels.

-Institutionnelles et sociales : La grande hétérogénéité des représentations du rôle et de la valeur du travail des psychologues, les dysfonctionnements institutionnels rendent plus difficile la construction d’une identité pour autrui.

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Comme le travail de psychologue nous renvoie sans cesse à notre ressenti intime et notre histoire personnelle et que la compréhension des difficultés est renvoyée vers l’analyse de soi (analyse du contre-transfert…), les psychologues peuvent prendre leurs difficultés professionnelles pour des limites personnelles.

Il est donc important d’analyser les entraves externes à la construction de cette identité avant d’en rechercher les causes dans les méandres de son histoire au risque de douter et de se culpabiliser à l’excès. Je suis convaincu que cette dimension du travail du psychologue gagnerait à être plus étudiée dans les universités.

J’espère que cet article vous aura intéressé. N’hésitez pas à me donner votre propre point de vue sur toutes ces questions dans les commentaires.

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Résumé
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Psychologue : comment se sentir légitime?
Description
Beaucoup de psychologues doutent de leurs compétences ou de leurs qualités. Ces doutes sont souvent renvoyés à des limites internes et personnelles : le contre-transfert, l'histoire personnelle... Pourtant, l'organisation de la profession, les querelles entre écoles théoriques, le chômage et la compétition pour les postes jouent un rôle essentiel dans le manque de confiance des jeunes psychologues.
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Psy@Paris

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