Les émotions de base

Qu’est-ce qu’une émotion?

Les émotions sont des éléments somatopsychiques, c’est-à-dire qu’elles sont tout autant rattachées au corps qu’à l’esprit. Elles expriment un ressenti en réponse à une stimulation. Celle-ci peut être interne (ressassement, rêverie, etc.) ou externe (interactions avec l’environnement). D’une certaine manière, les émotions sont une synthèse de toute une batterie d’éléments cognitifs qui traitent le sens de la stimulation. Pour faire émerger la joie, il est nécessaire d’associer plusieurs facteurs entre eux mais surtout qu’ils prennent un sens agréable pour la personne. Il faut bien comprendre une blague pour s’en amuser.

Ainsi, une émotion est donc le fruit d’une grande quantité de facteurs qui sont traités et synthétisés en quelques dixièmes de secondes.

 

Paul Ekman: les émotions de base

Paul Ekman a étudié les émotions primaires en analysant, dans les années 70, les micro-expressions des visages humains de toutes les ethnies confondues. Il a prolongé ses recherches, dans les années 90, avec d’autres émotions aussi répandues. Notons que ses travaux sont célèbres, surtout aux U.S.A., et qu’une série s’est même inspirée de ses travaux : ‘’Lie to me’’.

Les 6 émotions primaires

Paul Ekman a identifié 6 émotions primaires universelles.

  • La peur: L’émotion la plus primitive. Elle est l’émotion fondamentale à partir de laquelle émergent toutes les autres. Il s’agit de la prise de conscience d’une menace. La première étant la rencontre avec l’Inconnu.

  • La colère: C’est une réponse à une menace. Elle semble être, toujours en lien avec la psychanalyse, l’expression de la pulsion de vie. La colère est la volonté de se défendre. C’est la réponse à la peur.

  • La joie: la motivation vitale, le plaisir de vivre. Elle est en partie la libération des peurs mai aussi une forte stimulation du positif.

  • La surprise: On écarquille les yeux pour capturer le plus d’informations possible. La surprise est l’émotion qui fait sortir de la routine pour répondre à une nécessaire réadaptation à l’environnement.

  • La tristesse: la gorge nouée, les larmes: un sentiment de vide intérieur, de manque, de désarroi.

  • Le dégoût: la fermeture, le rejet: cette émotion s’illustre facilement dans la survie alimentaire mais aussi dans la confrontation à des actes immoraux. Cette émotion permet la préservation de son intégrité.

Vice-Versa: La vie mouvementée des émotions primaires

Le célèbre dessin animé de Pixar, Vice-Versa, met en scène ces émotions primaires. Ils en ont néanmoins oublié une : la surprise. Sans doute n’était-elle pas assez cinématographique…

Les émotions secondaires

De ces émotions primaires naissent une multitude d’émotions plus complexes et plus nuancées. Par exemple, de la joie nous retrouvons facilement l’amusement mais aussi le plaisir sensoriel et la fierté. De même, la culpabilité serait l’association du dégout (de soi) et de la peur (des conséquences).

Les émotions secondaires sont donc au nombre de dix:

l’amusement, le mépris, la satisfaction, la gêne, l’excitation, la culpabilité, la fierté dans la réussite, le soulagement, le plaisir sensoriel et enfin la honte.

Émotions et souvenirs

Toutes les émotions vont s’associer pour donner une multitude de couleurs qui résumeront chaque expérience et chaque ressenti. Parce que nos souvenirs sont liés à des émotions, ils vont être encore vivants en nous. En fait, c’est l’intensité de l’émotion associé à un évènement qui fait qu’un souvenir reste en mémoire ou qu’il s’oublie. Chacun des gros souvenirs que l’on conserve en soi est porteur d’une émotion qui lui donne tout son sens. Comme si cette charge émotionnelle donnait vie à un morceau du passé. Il est plus facile de se souvenir d’une soirée très festive qui s’est déroulée trois mois plus tôt que d’un repas normal qui a eu lieu au cours d’une soirée normal il y a deux mois.

Ainsi, l’émotion inscrira plus ou moins en profondeur un élément en mémoire. En fait, il existe deux façons de mémoriser quelque chose. Soit c’est par l’intensité, soit c’est par la répétition. De la même manière, le sculpteur qui veut créer une marque dans la pierre pourra faire un grand coup de burin ou creuser petit à petit. Au niveau des affects négatifs, c’est la différence entre un traumatisme et l’usure qui peut être plus insidieuse. Au niveau des affects positifs, c’est la différence entre un moment d’euphorie et l’apprentissage d’une bonne estime de soi.

Ces émotions, coincées dans des souvenirs, sont comme des objets parfumés. Leurs émanations remontent jusqu’à la conscience et vont s’associer pour donner une ambiance interne, un sentiment d’être. On peut parfois être très sensible envers certaines odeurs au point d’occulter les autres.

Le travail thérapeutique pourrait prendre alors deux directions, creuser dans le passer pour vider le trop plein d’odeurs désagréables ou apprendre à se focaliser sur les parfums plaisants.

Travailler le parfum des émotions en thérapie

Ces émotions, coincées dans des souvenirs, sont comme des objets parfumés. Leurs émanations remontent jusqu’à la conscience et vont s’associer pour donner une ambiance interne, un sentiment d’être. On peut parfois être très sensible envers certaines odeurs au point d’occulter les autres.

Le travail thérapeutique pourrait prendre alors deux directions, creuser dans le passer pour vider le trop plein d’odeurs désagréables ou apprendre à se focaliser sur les parfums plaisants.

Pour aller plus loin :

Joie, peur, tristesse, colère… que d’émotions

La sympathique émission « C’est pas Sorcier » avait consacré, il y a quelques années un épisode aux émotions primaires, intitulé « Joie, peur, tristesse, colère… que d’émotions ». Ils expliquent notamment le soubassement neurologique des émotions.

Les derniers articles par Cyril Joannes (tout voir)
Les émotions de base

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *